Newsletter du 2025-03-06

 
  Bonjour à tous

Le soleil est de retour et il y a comme une odeur de printemps dans l’air !

L’énergie revient et les bonnes résolutions aussi. Cela fait des années que nous aimerions mettre nos amis à sabots à contribution pour nous aider avec les travaux des champs. Nous avons en effet encore 10 petits chevaux islandais qui sont, il faut bien l’avouer, un peu sous-occupés. Trop légers pour tirer une charrue ( que nous n’utilisons de toute façon pas), ils pourraient cependant tout à fait tirer des outils de sarclage et binage.
Autrefois indissociables de la ferme modèle, les chevaux ont été supplantés par les tracteurs au temps de mon grand-père déjà (donc avant-guerre). Mais ne nous leurrons pas : à l’échelle mondiale, la traction animale est loin d’avoir disparue. Partout où les machines coûtent plus chères que le travail humain (soit à peu près toute l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud..) , la traction animale reste une norme plus que courante alors que les tracteurs sont l’exception.
Grâce aux communautés Amish ou Mormons des outils de traction animale modernes, légers et fonctionnels ont été développées et même sous nos latitudes l’utilisation des ânes et chevaux dans l’agriculture connaît un certain regain de popularité (c’est bien sûr très relatif  - un peu comme les tracteurs électriques).

Amusons nous un petit moment avec une Idée «et si..»
Et si les tracteurs n’avaient pas été inventés et que nous travaillions toujours avec des chevaux ? Sachant qu’avec deux chevaux de trait, une personne peut travailler au mieux 10ha, il faudrait au bas mot 150’000 chevaux par rapport aux terres cultivées en Suisse. Une personne ne pourrait guère s’occuper de plus de 10ha à plein temps alors qu’avec les machines actuelles ( qui engendrent des investissements qui atteignent tout de même vite plus d’un million), la même personne peut gérer seul 10x plus.
Là où le bât blesse est que le salaire relatif (=pouvoir d’achat) de l’agriculteur n’a pas vraiment augmenté depuis l’époque où Massey et Fergusson étaient les poilus à l’écurie alors que ses investissements (=dettes) ont été démultipliés. Le «progrès» se retrouve finalement au niveau du prix de la production proportionnellement diminuée d’un facteur 2 à 5 selon les produits.

Enfin, si nous aimerions remplacer les tracteurs par des chevaux, il faudrait aussi les nourrir : la traction animale concurrencerait alors la production de viande et risquerait de monopoliser pas loin de 10 % de la surface agricole. (petit comparatif : le maraîchage n’occupe que 1 % de la surface agricole Suisse (mais 50 % de la consommation est importée)).
Par contre, grâce au fumier des chevaux, nous aurions plus d’engrais  (ou pas.., cela dépend s on diminuerait la production de viande ou pas). L’engrais de synthèse, ne l’oublions pas est particulièrement gourmand en énergie (2 l de pétrole pour 1 kg de nitrate d’ammonium !).
Moins d’engrais de synthèse et pas de tracteurs donneraient un bilan CO2 exemplaire (la traction animale est une énergie renouvelable)… mais sans résoudre le problème de la main d’oeuvre. Il faudrait donc reconvertir un très grand nombre de personnes en travailleurs agricoles (ou alors on pourrait offrir de la place à des migrants qui viennent de pays ou la traction animale est encore la norme mais où l’agriculture devient parfois presque impossible - entre autre en raison de notre agriculture grande émettrice de CO2).

Bref, avec des «si» on pourrait aussi mettre Paris en bouteille alors qu’en réalité ils ne changent pas notre présent pour autant.
Arriverons nous à faire travailler nos chevaux dans les champs cette année ? On aimerait bien.. mais c’est loin d’être fait. Par contre les légumes pour le panier de demain sont récoltés (à la main comme durant le derniers millénaires)